Thailand, part three

Départ de Bangkok, la chance semble nous sourire, nous héritons des meilleures places du bus, assez d’espace pour les jambes, température idéale, inclinaison modulable ! Ces sièges étaient parfaits à un détail près, ce n’étaient pas les nôtres ! Quelqu’un vient nous déloger et nous indique nos places. Prenez l’allée centrale, allez jusqu’à la dernière rangée et installez-vous sur les sièges qui ne s’inclinent pas ! Forcément on se disait que c’était trop beau pour être vrai ! Sachez qu’en règle générale il fait un froid de canard dans les nightbus, si tu oublies de prendre un pull en laine, un bonnet et des chaussettes de ski c’est la pneumonie assurée (j’écris cet article en direct d’un bus de nuit et visiblement je n’apprends pas de mes erreurs : j’ai très froid..).
Bref, bien que mal installés nous partons sur les îles et ça, c’est cool !

Pour une fois nous avons un peu plus de visibilité sur le programme, on décide de rejoindre Koh Tao pour faire notre baptême de plongée. On ne fait pas dans l’originalité cette fois-ci puisque Koh Tao reste l’un des endroits les plus fréquenté pour la plongée ! Après cela nous mettrons le cap sur Koh Pha Ngan, célèbre pour ses full moon party ! (tmtc Bernard de la Villardière).

C’est épuisés que nous débarquons à Koh Tao. Bien que très touristique l’ile nous parait plutôt agréable de primes à bords. Nous sommes à des années lumières du nord authentique de la Thaïlande, ici on fait l’impasse sur l’aspect culturel du voyage ! Pour une fois nous avons une destination et un objectif précis : French Kiss Divers.
Nous cogitions depuis la veille et une fois sur place c’est sans trop de doute que nous décidons de transformer notre baptême en open water, nous ne resterons donc pas deux jours mais 4 jours à Koh Tao.

Passer son open water, dans un premier temps c’est aussi intéressant que de passer son code de la route, on nous donne rendez-vous l’après-midi pour regarder les vidéos explicatives, on nous confie un livre chacun pour potasser les 3 premiers chapitres dans la journée. Quelques pages suffiront pour nous endormir. La faute au livre ou au voyage en bus ? Sûrement un peu des deux.

Les choses sérieuses commencent le lendemain, « théorie » le matin et première plongée l’après-midi ! La veille au soir c’est la panique, Thibaut se la raconte avec son bac option plongée et moi je me dis que je n’y arriverai jamais, ajoutez à cela ma peur chronique des algues et des gros bateaux… C’était pas gagné ! Nous avons rendez-vous avec un certain Gaëtan qui devra nous supporter trois jours durant, sur terre, sous l’eau, le matin, l’après-midi et même parfois (pour ne pas dire souvent) le soir au comptoir ! A vrai dire on constate rapidement que la patience de Gaëtan n’a d’égale que sa gentillesse, par conséquent pas de quoi stresser ! Résultat, j’ai tellement adoré plonger que je pense même pouvoir convaincre quelqu’un qu’un exercice de vidage de masque est exaltant !

C’est la sensation de découvrir un nouveau monde qui m’a tant plu. Un monde secret où les hommes y viennent en tant qu’étranger. Un monde qui regorge de mystères et dont personne ne fera jamais le tour.

Cela fait 3 jours que nous en profitons et toutes les bonnes choses ont une fin, nous sommes certifiés OW et sommes censés rejoindre Koh Pha Ngan mais nous décidons de rester. Un peu plus, puis encore un peu plus. 8 jours au lieu des 2 initialement prévus… Parce qu’on aime aller voir Lionel au threesome le soir, qu’on aime boire des night dive au Next et surtout qay’on adore les soupes instantanées du 7 Eleven.

Les journées se suivent et se ressemblent, on est allés snorkeller a Shark Bay chaque fin d’après-midi, pour voir – comme son nom l’indique – des requins ! Qu’on se le dise c’était mon idée fixe, j’en rêvais. Ça restera l’échec du séjour, 7 jours de suite et aucun requin…un exploit ! Thibaut lui qui n’en avait presque rien à cirer en a vu deux. Malgré nos 8 jours sur l’île nous n’avons vu qu’une infime partie de celle-ci, nous décidons donc l’avant dernier jour de louer des vélos, je suis sceptique quant à cette idée compte tenu du dénivelé et de la température avoisinant les 40 degrés ! Thibaut, lui, est confiant. Nous partons à la fraîche, à 11h. A 11h25 je retrouve Thibaut assis par terre au beau milieu de la première côte. J’avais raison ! Je lui propose de faire demi-tour, il insiste pour continuer. 11h45, ça grimpe pas mal. Thibaut descend de son vélo, s’allonge par terre et vomi, incapable de se relever. Ahah le sportif. Il insiste pour continuer en me disant que l’on est bientôt arrivés et qu’au retour ce ne sera que de la descente. L’occasion pour moi de lui rappeler que la mer est au niveau 0. Ce dernier argument aura raison de son courage.
Bref, on quitte Koh Tao le lendemain sans n’avoir rien vu de l’île si ce n’est quelques fonds marins et pas mal de fonds de bouteilles, un t-shirt French Kiss sur les épaules, une carte open water dans la poche et des souvenirs plein la tête !

Nous avons longuement tergiversé sur notre prochaine destination. Koh Phi Phi ? Koh Lanta ? De nombreux voyageurs ayant visité Koh Phi Phi précédemment nous le déconseille vivement ! C’est donc comme deux gogoles et surtout entourés de centaines d’autres touristes que nous sommes en route pour Koh Phi Phi et plus particulièrement Maya Bay. J’avoue avoir une grande part de responsabilité dans le choix de cette destination, mais que voulez-vous, l’envie de fouler le sable de LA plage était trop forte.

Arrivés à Surat Thani au petit matin nous rencontrons Sara avec qui nous avions bossé sur Nomadsland, nous avons passé la nuit sur le même ferry, à quelques mètres seulement, sans même nous en rendre compte. Sara revient également de quelques jours sur Koh Tao, cependant cette dernière semble avoir davantage apprécié la faune terrestre que sous-marine puisqu’elle ne voyage plus seule et qu’elle n’a toujours pas daigné mettre la tête sous l’eau ne sachant pas respirer avec un tuba… Bonjour tristesse.

Nous lui annonçons notre destination, son mec nous rétorque que Koh Phi Phi c’est surfait maintenant. Il nous raconte qu’il était sur l’île au moment du tournage. Toujours plus ! Et moi j’étais sur le Titanic pendant le tournage.
Voilà pour l’aparté haineuse :).

Quelques heures nous séparent de l’embarcadère. Un minibus arrive, pensant qu’il s’agissait du pick up pour prendre un autre bus je monte à l’avant et m’installe inconfortablement sur le strapontin à côté du chauffeur. Thibaut est coincé au fond sur la banquette arrière. Comme vous l’aurez compris il ne s’agissait pas du pick up mais du bus définitif. Nous en avions pour 4h, supportable si le chauffeur n’avait pas été un écraseur d’écureuils invétéré et s’il ne ponctuait pas chaque changement de vitesse par des craquements de doigts intempestifs.

Nous sommes enfin sur le dernier ferry, cheveux au vent sur le pont je décide de me confronter à la réalité. Google image, mots clés : Maya Bay + touriste. Je vous laisse juger par vous-même, ça ne fait pas rêver. On apprendra plus tard que chaque jour 2000 personnes viennent sur la plage…

Il existe bien une solution pour voir Maya Bay sans touriste, voire même deux. Mais j’oubliais, la célèbre plage ne se trouve pas sur l’île principale mais sur une seconde ile plus petite, classée parc national, interdiction donc d’y dormir ou d’y camper.
La première option : une croisière de jeunes sur deux jours avec au programme : barbecue, snorkelling, coucher de soleil depuis la plage, et nuit sur le bateau dans la baie. N’étant pas vraiment friands des tours organisés, nous excluons cette option.
La deuxième : prendre un taxi boat à la demie journée, partir aux alentours de 7h du matin pour arriver avant que les hordes de japonais débarquent aux environs de 10h munis de leurs appareils photo et de leur gilet de sauvetage, qu’ils ne quittent sous aucun prétexte. Pour cela compter la modique somme de 50 euros pour le bateau plus deux fois 6 euros d’entrée du parc national pour poser le pied sur la plage.

Nous avions convenu d’une restriction budgétaire importante (bien nécessaire) après Koh Tao. Je me fais une raison, ça ne vaut peut être pas le coup d’y aller.

« Thibaut, je ne veux plus aller voir Maya Bay, je veux plonger ».
Thibaut me raisonne et me prouve par a+b que ce n’est pas possible, c’est d’ailleurs bien plus cher que d’aller voir la plage. Apres maintes tentatives (que je ne détaillerai pas) pour lui montrer mon mécontentement, rien n’y fait… Résignée, je tente le tout pour le tout, j’arrête de respirer jusqu’à obtenir gain de cause.
=> On a plongé, c’était chanmé ! Mais j’y reviendrai plus tard.

Débarqués sur Koh Phi Phi et conscients du nouvel écart budgétaire que nous allons faire nous nous attelons à trouver la chambre la moins chère. Avant cela on fait le tour des dive shop, tous sont alignés sur la même grille tarifaire, nous choisissons au feeling. Exit celui qui nous propose de visiter une épave à 25m de fond, de rentrer dans l’épave et nous promet de voir des requins (nous sommes des baby plongeurs et n’avons pas l’autorisation de plongée à plus de 18m). On optera pour le plus sincère, celui dont le bateau partait le plus tôt mais surtout l’un des seuls à ne pas nous vendre la star locale, le requin léopard, que nous n’aurons pas la chance de voir.
On règle les dernières formalités avec Abby que nous pensions être notre divemaster pour la plus grande joie de Thibaut. Abby nous présente Tara, notre divemaster…dommage ! Nous avons tout de même hâte d’être au lendemain. On consacrera la fin de l’après-midi à une petite découverte de l’ile, le cadre est exceptionnelle, les falaises recouvertes de végétation tombent à pic dans une mer d’un bleu indescriptible.

Seul point noir au tableau, je ramène en souvenir de Koh Tao une belle entaille relativement profonde (plusieurs belles entailles même) au tibia. N’écoutant pas les conseils avisés de Thibaut je décide de ne rien faire et d’attendre la cicatrisation. Je me rendais bien compte que la nouvelle couleur blanche-jaune dégueu n’était pas annonciatrice de bonne nouvelle. C’était carrément devenu un supplice de mettre ma jambe dans l’eau. La veille de plonger, la douleur était insoutenable. Direction la pharmacie, la pharmacienne m’annonce sans trop de surprise que c’est bien infecté. Elle s’empresse de me prescrire des antibiotiques qu’elle sort tout droit d’un immense bocal plein de pilules. Selon Thibaut ce ne sont que des placebos que la pharmacienne se réjouit de vendre une fortune aux touristes ! Plausible.

On se couche pas trop tard pour être en forme pour le lendemain. Réveil à 6h, nous avons rendez-vous à 7h avec Tara. Surprise ! C’est finalement Giorgio un grand gaillard italien qui nous fera découvrir les fonds sous-marins de Koh phi phi. Ahahah.
On ne perd cependant pas au change, ichtyologiste de profession, il s’avère aussi passionnant que passionné ! Les deux plongées sont chanmés, pas de requins mais tortue, poissons clowns, serpent de mer, hippocampe, poisson lion, murènes et bien d’autres sont au rendez-vous. Le petit bonus, c’est que nous avons une heure de pause pour déjeuner entre les deux plongées, à 9h du matin oui ! Pour Thibaut la bonne surprise c’était le fried rice pour moi c’était Maya Bay qui se découvrait derrière d’immenses pythons rocheux. J’ai englouti mon assiette en deux temps trois mouvements. Je n’aurai pas foulé le sable de THE beach mais nous avons nagé quasiment « seuls » dans cette eau scandaleusement transparente. On est contents de l’avoir fait mais on ne regrette pas de ne pas y être aller uniquement pour ça, qu’on se le dise le cadre est magnifique mais bien moins enchanteur que d’autres criques que nous avons pu voir.
La fin de notre visa thaïlandais approche et nous aspirons à plus de nature, d’aventure. Pas de stage de survie avec Moundir sur Koh Lanta au programme, nous décidons donc de rejoindre Koh Lipe pour à terme nous rendre sur Koh Tarutao, petit paradis sauvage.

Débarqués au large de cette petite île que nous rejoignons en longtail, nous ne restons pas insensibles aux charmes de Koh lipe que les locaux surnomme les Maldives de Thaïlande. Nous y resterons quelques jours, nous plantons la tente sur la plage, à proximité de quelques bungalows tenus par deux jeunes thaïs. Cela nous permet de pouvoir prendre une douche chez eux le soir, ce qui n’est pas du luxe. La paresse a du bon mais nous nous lassons de cette île trop parfaite, presque aseptisée. Nous sommes en basse saison, les liaisons bateaux pour Tarutao sont fermées depuis Koh Lipe. Nous mettons le cap sur Koh Adang au large de Koh Lipe. Koh Adang, au même titre que ses voisines fait partie du parc national de Tarutao . Seule quelques Rangers y habitent, pas de 7 Eleven sur l’île donc ! Cela nécessite que nous quittions Koh Lipe avec suffisamment de vivres pour quelques jours. Au menu, pomme de terre au barbecue ou épi de maïs et pain de mie à la tomate. Thibaut s’imagine déjà ramener de gros barracudas à griller. Comme vous pourrez vous en doutez aucun poisson n’a été blessé pendant notre séjour sur l’île.

Si les humains se font rare ici, les singes chapardeurs sont omniprésents, au dire des récits de certains blogs ceux-ci peuvent vraiment devenir incommodants. Nous les apercevront à plusieurs reprises mais par chance ils ne semblent pas être intéressés par nos victuailles. Nous plantons la tente au bout d’une baie déserte, on aménage notre campement mais je ne verrai jamais la couleur de la balançoire que Thibaut m’avait promise. Nos voisins sont principalement d’énormes bernard l’hermite (quid du pluriel, plusieurs Bernards, plusieurs hermites ?), il y en a tellement que c’en devient gênant ! Mais aussi une famille d’écureuils, quelques varans et surtout une multitude de poissons multicolores qui évoluent dans un récif corallien intact ! Il paraît que l’île regorge de pythons et autres insectes rampants mais nous prenons le parti de ne pas aller à leur rencontre.

La journée, Thibaut lit et essaye de pêcher en vain pendant que j’observe les différentes familles de poissons clowns pendant plusieurs heures par jour, ce qui me vaudra un bon coup de soleil dans le dos. Les nuits sont très chaudes et nous regrettons de ne pas avoir choisi une tente avec la clim. Petite baignade nocturne pour se rafraîchir, quand soudain l’eau s’illumine aux moindres de nos mouvements. Nager avec du plancton luminescent : check. Nous restons 3 nuits sur notre campement, nous quittons notre petit paradis le 12 mai, nos visas expirent le 13.

C’est à contre cœur que nous quittons la Thaïlande, nous l’avons vécu comme des vacances pendant le voyage et c’était vraiment chouette ! Prochaine destination : Langkawi, en Malaisie.

Justine

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