Peru, part two

Après une longue et chaude douche pour chacun d’entre nous, il est grand temps de quitter Cusco. Nous sommes épuisés et sommes tous d’accord sur une chose : nous avons grand besoin de vacances. Nous avons justement repéré une ville qui semble répondre parfaitement à nos critères. C’est direction, Huacachina, oasis perdue au beau milieu d’un désert de sable, que nous nous dirigeons. Désormais habitués au trajet en bus, les 12h de route pour arriver à destination ne sont qu’une simple formalité.
Il faut savoir que ce lieu est renommé pour ses descentes en sandboard, ses courses en buggy et une vie nocturne plutôt dynamique. Nous n’avons prévu de faire rien de cela. En cherchant notre auberge, nous précisons aux propriétaires que nous sommes venus ici pour nous reposer. Ils nous regardent tous étrangement et modifient alors leur discours en nous vantant leur piscine grand luxe et leur terrasse ensoleillée. Ils arriveront finalement à leurs fins en nous vendant leur tour touristique dans le prix de la location de la chambre.

Et c’est parti pour le début des vacances. Notre crédo pour les prochains jours : TRANQUILO !
Au programme de la première journée : grasse mat’ – piscine – bronzette. Nous arrivons tout de même à nous motiver en fin de journée pour escalader la dune de sable qui domine la ville pour admirer le coucher de soleil. Vue impressionnante, nous étions tous les trois très étonnés de trouver ce genre de paysage au Pérou. Pour la seconde journée, notre emploi du temps est un peu plus chargé : grasse mat’ – piscine – bronzette. Mais grosses sensations quand la séance piscine a faillit tourner au drame. Pour nous divertir, nous décidons de nous amuser avec la balle rebondissante de Justine. Elle tient à cette balle comme à la prunelle de ses yeux (elle a fait l’acquisition ou devrais-je dire le vol de cette balle a Puerto Montt au Chili, et la range dans sa pochette « papiers importants », c’est dire !). C’est donc avec anxiété qu’elle nous prête sa balle. Après quelques échanges sereins dans la piscine, Thibaut faute ; ne contrôle pas sa force et lance la balle en dehors de la piscine. Perdue à jamais selon Thibaut, la balle sera finalement retrouvée par Justine, qui ne pouvait décemment pas la laissée pour perdue ; le drame fût évité. Par peur de perdre de nouveau la balle, nous terminerons notre séance piscine au calme, à regarder les péruviens venus des villes voisines profiter des transats, apprendre à nager et prendre des selfies de qualité. Je vous avais prévenu, une journée pleine de rebondissements !
Vient ensuite l’heure de notre séance sandboard. C’est accompagnés de quelques autres touristes que nous montons à bord d’un buggy géant, direction les dunes pour dévaler les pentes de sable. Le chauffeur essaiera de nous faire monter devant Justine et moi, en évinçant le malheureux Thibaut (c’est toujours la classe d’avoir deux belles gosses à ses côtés quand on conduit un buggy). Mais notre cœur aura raison de nous et nous rejoignons le dernier membre de notre crew en allant nous asseoir au dernier rang.
Le tour comprend la descente de six dunes, de plus en plus complexes. Le chauffeur s’improvise prof et pour notre plus grand malheur nous interdit de monter debout sur les planches. Nous sommes très déçus sur le coup mais après réflexion nous comprenons : les sandboard sont en fait des planches en bois avec du scratch usé en guise de fixation. Nous descendons donc les pistes assis sur la planche ou sur le ventre tête la première pour plus de sensations (notre esprit rebel nous a quand même poussé à tester la descente les deux pieds sur la planche. On est des dingos !). Un peu de wax sous le sandboard et nous partons chacun notre tour dans des pentes de plus en plus vertigineuses. Sensations garanties, avec de belles gamelles en prime. Au final, nos corps garderont des séquelles. Pas vraiment à cause du sandboard mais plus à cause du buggy qui à chaque bosse ou virage nous fracasse la tête contre le toit. Une attraction à sensation en soit.

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Le lendemain, nous quittons Huacachina pour nous rendre dans une autre ville paisible, au bord de l’océan Pacifique : Paracas. Cette ville est réputée pour ses fameuses Islas Ballestas (également appelées Galápagos du pauvre…), regroupement de toutes sortes de mammifères et oiseaux marins tels que les lions de mer, les dauphins, les manchots et les pélicans mais également d’autres drôles d’oiseaux qui eux se tassent sur de petites embarcations pour admirer tout ce beau monde, j’ai nommé : les touristes ! Comme vous le savez nous adorons ce genre de visite. Résultat : excursion annulée.
Deuxième point d’intérêt de la ville, la réserve nationale de Paracas. Ce lieu renferme des formations rocheuses étonnantes, un paysage désertique entouré de l’océan Pacifique et diverses espèces animales. Nous aurions pu faire la visite du parc en quad si notre porte monnaie le permettait, ou à vélo si le vent n’était pas si fort et nous ne ramenait pas le sable dans les yeux. A pied ? Oh la flemme ! Conclusion : visite annulée. A la place, nous préférons manger des glaces, observer les pélicans sur la plage et faire la sieste. TRANQUILO.

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Mais un fâcheux événement va venir ternir ce rythme de vie paisible. C’est à Paracas également que Justine s’aperçoit que la tablette n’est plus dans son sac. Pas de perte cette fois « juste » un oubli. La tablette est restée sur le lit de l’auberge à Huacachina. Justine remuera ciel et terre pour essayer de la récupérer : appel téléphonique à l’auberge où on lui raccroche au nez et même déplacement jusqu’à l’auberge où on la traitera de menteuse. Malgré un jeu d’acteur digne d’un Oscar (elle tente la corde sensible avec de fausses larmiches), Justine n’arrivera pas à récupérer son précieux.
Un soit disant oubli donc… qu’est ce qu’elle ne ferait pas pour alléger son sac qui pèse désormais plus de 20kg…
Pendant ce temps, Thibaut et moi-même restons à l’auberge et papotons avec un français fraîchement arrivé dans l’auberge de Paracas. Nous échangeons sur notre voyage et en venons rapidement à vendre notre fameux trek de Choquequirao. Nous sommes tellement impliqués et heureux de faire découvrir cette randonnée à d’autres personnes que nous en oublions l’heure de rendez-vous fixée avec Justine au terminal de bus pour partir à Lima. C’est in-extremis que nous arrivons à bonne gare en espérant que Justine ne nous attende pas depuis des heures… Ni vu ni connu, notre taxi arrive, nous avons juste le temps d’acheter une glace (nous avons le sens des priorités) et montons dans le bus pour Lima, capitale péruvienne, où nous arriverons de nuit.
Cette étape fut également celle des retrouvailles ! C’est dans cette ville que Damien et Paula, amis de longue date, se sont installés cette année et c’est avec grande bonté qu’ils nous accueillent chez eux pour quelques jours. Nous devions rester 3 jours, nous resterons presque une semaine !
A peine arrivé dans sa ville d’accueil, Damien s’est gravement abimé le genou lors d’un match de foot. Résultat de la course : l’opération du ménisque ne peut être évitée. Entre les cours à la fac et les rendez-vous à l’hôpital la journée, c’est surtout le soir que nous nous retrouvons. Nous faisons la connaissance de Javier, Jean et Rapha, leurs colocs et leur grand groupe de potes qui eux aussi sont en échange à Lima : allemands, hollandais, espagnols et français. On se sent comme à la maison, les différentes langues se croisent et se confondent, même si le français prend la plupart du temps le dessus sur les autres langues !
Nous profitons des journées pour faire les visites essentielles de la ville. Les lieux suivants ne sont pas dans les guides touristiques, nous aimons en effet de temps en temps faire des visites « underground » : la poste locale, que nous avons visitée plusieurs heures afin d’envoyer notre colis jusqu’en France (au revoir chaussures de randonnée, polaires et autres vêtements chauds – il se peut qu’au moment où je vous écrive nous le regrettions un peu, car les températures annoncées en Colombie ne sont pas rassurantes…), le MacDonald du coin pour profiter d’une bonne connexion wifi, les boutiques très touristiques pour dépenser l’argent que nous n’avons pas dans les quelques cadeaux souvenirs et, comme nous avons allégé nos sacs, Thibaut nous a même autorisé Justine et moi de faire quelques emplettes aux H&M et Zara du coin !

Autre spot incontournable de Lima, les magasins d’appareils électroniques, à la recherche d’un appareil photo. Non pas que nous soyons devenus des pros de la photo et que l’actuel ne nous convienne plus. Disons plutôt que lors de l’ascension de la montagne du Machu Pichu, l’objectif de l’appareil photo a reçu malencontreusement un petit coup. Un gros coup en fait, assez important pour ne plus pouvoir l’utiliser.
Après avoir fait le tour des magasins, une question se pose : préférons-nous acheter un nouvel appareil photo et rentrer deux semaines plus tard en France faute de ressources financières ou satisfaisons-nous du zoom (qui pour le coup est intact) pour prendre des photos ? Vous trouverez la réponse dans notre prochain album photo : nouveau parti pris, nous allons nous spécialiser dans les portraits et les détails de monuments. Autre démarche qui fonctionne dans ce genre de cas : reculer de 15 mètres pour faire illusion d’une vue d’ensemble. C’est pas gagné …

Vous l’aurez compris, nous décidons de ne pas nous lancer dans la découverte de la géante Lima. Nous irons cependant découvrir un très joli quartier de la capitale, Barranco. Le reste de la ville nous semble gris et légèrement morose. Nous connaissions le cracha de lama, nous découvrons désormais le crachin de Lima. Pire qu’en Bretagne justement ! Selon Damien pas de chance car il ne pleut presque jamais dans cette ville. Au final, cette étape nous aura permis de nous améliorer dans la confection de pisco sour, de nous remémorer de bons moments passés, de rayer la longue liste des choses à faire avant d’arriver en Colombie et de combler nos heures de sommeil (jamais autant que Damien on vous rassure). Son opération à d’ailleurs lieu dans quelques jours. Suite à cela, adieu béquilles et démarche bancale, il sera d’attaque pour partir à son tour à la découverte du continent sud américain avec Paula.

Cela fait près d’un mois que nous voyageons à travers ce pays. Pour finir notre périple péruvien, nous faisons une dernière escale dans la ville de Trujillo et plus précisément dans la ville voisine de Huanchaco. Nous restons quelques jours dans une petite auberge près de l’océan Pacifique en compagnie de surfeurs et de pélicans. Nous appliquons là encore notre nouveau programme pour des journées intenses : plage, bronzette et dégustation de glaces artisanales. A ce propos, je tiens à dire que je fais certains progrès, culinairement parlant. Je mange en effet de plus en plus de fruits : confiture de fraise, jus de papaye et banane plantain (il faut dire qu’une fois cuite, cette dernière a le goût de pomme de terre). Justine et Thibaut ont du mal à cacher leur déception ; ils étaient heureux de pouvoir finir mes assiettes à chaque fin de repas.

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Le Pérou sera définitivement pour nous le pays des ruines. Nous en profitons en effet pour en découvrir de nouvelles, très différentes des vestiges incas. Nous découvrons ici la culture « moche » qui est pourtant agréable à l’œil avec notamment la cité Chan Chan, capitale du peuple Chimu (nous avons vérifié, rien a voir avec les cubains de Buena Vista Social Club ni avec le célèbre karatéka Jacky Jacky).
Par ailleurs, il serait mal venu de ma part de vous confier que Mushi est le surnom de l’un d’entre nous, malheureuse coïncidence… Je ne m’étendrai pas plus sur le sujet.
Chan Chan est donc une ville constituée de plusieurs citadelles, toutes décorées d’étranges frises représentant des animaux ou des formes géométriques. Le résultat est assez impressionnant, et nous prenons plaisir à nous balader au milieu de ces vestiges, loin des centaines de touristes que nous avions pu croiser lors de la visite du Machu Pichu.
Avant de partir, nous passons une après-midi détente au sein de la ville de Trujillo. Nous explorons sa magnifique place centrale, son marché odorant et partons à la découverte des murs colorés de la ville pour une séance photo continue jusqu’au terminal de bus ou nous achèterons une petite fortune notre prochain billet pour passer la frontière équatorienne.

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Raconté comme ca, vous pourriez croire que l’on n’a pas fait grand chose ces dernières semaines. Pour être honnête, ce n’est pas totalement faux. Nous vivons au rythme de chaque pays, profitons des petits plaisirs du quotidien et partageons les moments de vie avec les habitants. La belle vie !

Pour les photos souvenirs, c’est ici (désormais, la qualité gopro rentre en jeu).

Pauline

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