Mexico, part one

Retour à la case départ, dans l’ordre des choses : Bogota, Fatima, Léa.
Il est temps de quitter ce pays. Nous ne pouvons plus faire marche arrière, notre vol est prévu le 5 décembre au départ de Bogota, direction Mexico. C’est après deux mois de volontariat que nous retournons dans la capitale. Dernier bus colombien donc, en compagnie de Margot, une volontaire de Casa Grande qui s’apprête à passer 10 jours de méditation dans un temple à quelques heures de Bogota. Un ‘roi du silence’ de l’extrême en quelque sorte, avec réveil à 4 heures du matin pour une journée entière de méditation, seule avec soi-même, dans le silence le plus complet. Pas sûr que ce soit fait pour nous… De notre côté, nous préférons penser à des choses plus terre à terre : où prendre notre petit déjeuner en arrivant à Bogota par exemple. Nous connaissons la réponse, l’hôtel Fatima avait comblé nos attentes lors de notre premier séjour. Nous décidons d’y retourner pour nos deux derniers jours. Ce fut notre première auberge colombienne, ce sera également la dernière. On y est reçu comme des princes ! On s’aperçoit que nous avons loupé de peu les cours de salsa gratuits, mais nous sommes plus que prêts pour la soirée karaoké annoncée le soir même. Et ça tombe bien car devinez qui s’apprêtent à nous rejoindre ? Léa et Zoé, deux amies françaises, en voyage depuis un mois en Amérique du Sud. Après plusieurs heures d’attente, ce sont les retrouvailles, les embrassades, les premières taquineries et rapidement l’heure du karaoké. Une première tournée de mojito et on comprend rapidement qu’il faudra se battre pour réussir à choper le micro. Mais une fois en sa possession, nous ne le lâchons plus ! Léa chauffe sa voix sur le tube d’Enrique Iglesias, nous enchaînons avec Justine sur un ‘fruit de la passion’ que nous connaissons par cœur suite à notre séjour à Casa Grande. Nous nous essaierons également sur une chanson de Bomba Estero, qui s’avérera beaucoup trop rapide pour nous. La soirée touche à sa fin, nous aurions aimé finir sur un ‘Bella’ de Maître Gims pour que les retrouvailles aient été parfaites. C’est peut être mieux ainsi.
Le lendemain, chacun se lève à son rythme. Nous profitons de cette journée pour nous échanger nos bons plans voyage autour d’un café, visiter le musée Botero, renouveler notre garde robe grâce aux dons vestimentaires de Léa (comme si nos sacs n’étaient pas assez chargés) et déguster de délicieux croque-monsieurs faits maison avant de terminer la soirée sur le dancefloor, où nous nous rendons compte que Léa et Zoé tiennent beaucoup plus le coup que nous. Quoi que, Léa nous en fait une belle au petit matin en faisant une crise de somnambulisme dénudé de sens : elle se lève, prend sa serviette, et part se doucher sûre d’elle, en passant par le patio de l’hôtel. Ce qu’elle ne sait pas c’est qu’elle est pas beaucoup vêtue (en culotte), et que tout le monde peut la voir. Merci Thibaut pour avoir assisté à cette scène.

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Nous quittons la Colombie le lendemain. L’heure du départ approche, on décide de quitter l’auberge un peu tôt pour arriver en avance à l’aéroport, histoire d’être sereins pour notre enregistrement. Avant de partir, nous recommandons aux filles d’aller passer quelques jours à Casa Grande pour y passer les fêtes de fin d’année. Elles y seront acceptées en tant que volontaires pour le prochain mois (quelle chance !). Dernière chose avant nos adieux, nous effectuons un troc de monnaie avec Léa pour arranger tout le monde : on leur échange nos pesos péruviens rescapés dont nous n’allons plus nous servir contre quelques pesos colombiens ce qui nous permet de survivre les ultimes heures avec cette dernière monnaie. C’était sans compter la légendaire fourberie de Léa qui nous refile un faux billet de 50 000 pesos. Nous sommes alors sans le sous et dans l’obligation de retirer une dernière fois pour payer le taxi… Sacrée Komo !
Je ne sais pas si c’est à cause de notre état mitigé, entre tristesse de quitter le pays et excitation de la découverte de la prochaine destination, que nous mettons des heures à nous enregistrer. L’attente semble interminable. Nous voyant dans ce sale état, Justine décide de faire péter son compte en banque et de faire une folie : notre dernier repas colombien sera gargantuesque, dégoulinant et savoureux. Sur un élan de générosité, elle nous paye le Corral (chaîne de fast food colombienne). C’est repus et heureux que nous nous dirigeons tranquillement au duty free avant de prendre l’avion. Trop tranquillement apparemment, car nous ne voyons pas le temps passer et sommes à deux doigts de louper notre avion ! Kit Kat et Toblerone en poche (il fallait bien liquider nos derniers pesos colombiens …), nous sautons dans l’avion direction Mexico.

Quatre heures plus tard, nous y voilà. Thibaut est de retour dans son pays adoptif, sa deuxième patrie pour ainsi dire. Il faut dire que le Mexique, on connaît, on en entend parler depuis six ans. Thibaut n’en est pas à sa première expérience, en effet. Il y a quelques années, il est venu vivre 3 mois à Cancun lors d’un échange scolaire. L’occasion, peut être, pour Justine et moi-même d’aller vérifier s’il dit vrai : y a-t-il vraiment sa photo sur le frigo des parents de son ancien correspondant ?
C’est l’heure de l’atterrissage, le hublot shotguné par Justine lui offre une vue incroyable sur la ville de Mexico DF de nuit. Nous sortons sans embuches de l’aéroport et comme convenu quelques heures plus tôt, Jonathan, l’ancien correspondant de Thibaut viendra nous chercher en voiture à l’aéroport ; grand luxe. Nous ne pouvons alors refuser de le suivre jusqu’à l’appartement de ses amis pour continuer la soirée. Nous retrouvons Eugénio (un autre correspondant mexicain) et Gérardo ainsi que d’autres amis mexicains. Tous ensemble, ils forment une joyeuse bande de potes mathématiciens. A première vue, on pourrait se croire dans un épisode de Big Bang Theory. On s’y sent très à l’aise et c’est dans une bonne ambiance que la soirée continue, avec les retrouvailles entre Thibaut et ses anciens correspondants, 8 ans après leur première rencontre. Anecdotes et souvenirs, nous finirons la soirée autour d’une taqueria de rue, à déguster de nombreux tacos (les premiers d’une longue série). Nous sommes épuisés, il est 3h du matin, nous rentrons tous à l’appartement et sombrons dans les bras de Morphée.
C’est avec grande générosité que Gérardo et Eugénio nous proposent de nous héberger autant de jours que nous le souhaitons, pour nous éviter de payer une auberge en centre ville. Nous profitons des trois jours suivants pour découvrir la ville et nous familiariser petit à petit avec les coutumes mexicaines, notamment les nouveaux horaires de repas et la nouvelle nourriture. Mais nous sommes parfois étonnés – voir dégoutés – par le comportement de certains mexicains : roulage de pèle éternellement long dans les lieux publics, crachats (avec le bruit de raclement de gorge qui va avec), rots, largage de déchets en pleine rue et j’en passe… Encore aujourd’hui, on ne s’y fait pas trop.
Au programme également : ballade en centre ville, marché de Noël (les mêmes qu’en France !), découverte de succulentes pâtisseries bon marché (je ne peux pas vous cacher qu’il y a un certain relâchement dans notre programme sportif) et visite du zoo de la ville où Thibaut se prendra d’affection pour le léopard des neiges (attention vidéo touchante à voir).

Nous nous obligeons également à faire un point « planification du voyage », car nous le savons, avec notre budget plus que serré nous ne pouvons nous permettre de faire de trop importants écarts. L’idée est de trouver un ou plusieurs volontariats dans des lieux stratégiques ou nous pourrons profiter de nos jours off pour visiter les alentours. Nous envoyons des dizaines de mails et espérons avoir une réponse positive rapidement. En attendant, nous prévoyons de visiter la région de Chiapas avant de rejoindre la côte caraïbe où les nombreux volontariats nous attendent (c’est du moins ce que l’on espère). Avant de quitter Mexico DF, nous nous accordons une petite partie de Guitar Heroes, comme au bon vieux temps, et saluons Eugénio et Gérardo en leur promettant de revenir dans 8 ans !
Dix-huit heures, nous prenons le bus direction Palenque. Nous arrivons le lendemain matin et cherchons rapidement un camping pour poser la tente. Nous nous installons dans un premier camping mais modifions rapidement nos plans pour nous diriger vers un autre moins cher et plus accueillant. Nous avons le camping pour nous tout seuls, prenons nos aises et décidons de l’aménager comme bon nous semble. Entre temps, avec Justine, nous sommes allées faire les courses pour les prochains jours dans le centre de Palenque. Après plusieurs épiceries, quelques craquements d’os de poulets et l’achat de 2 petites bouteilles de Coca Cola à l’insu de Thibaut (oui, c’est tellement rare que nous aillons le porte monnaie que nous nous permettons une petite folie), nous retournons au campement. Nous aurons même la chance de nous faire ramener gratuitement par un collectivo – censé être payant – grâce, selon les dires du conducteur, à notre beauté naturelle !

Notre séjour dans la région est réglé comme du papier à musique. Visite de la cité Maya le premier jour (beaucoup de ruines et pourtant aucun vomi de la part de Justine) et baignade dans les nombreuses cascades aux eaux limpides d’Agua Azul le deuxième jour.
Contrairement aux autres touristes qui, en général, ont un rythme assez soutenu pour faire ces 2 visites en une journée, nous comme d’habitude, avons tout notre temps. Résultat : nous nous retrouvons seuls à manger dans le parc à l’ombre des temples mayas, à déguster nos fabuleux sandwichs thon-mayonnaise et observer les énormes iguanes qui se fondent dans le décor. Un peu plus de monde aux cascades mais nous y passerons la nuit pour profiter de son calme au petit matin. Une escale plutôt reposante. Sauf lors des deux premiers soirs au camping lorsque nous avons dû démarrer les feux de camp pour manger, sans journal ni bois sec. Après plusieurs essais et l’intégralité des pages du roman de John Kennedy Toole, « La conjuration des imbéciles » (faut-il y voir un sens ?), nous aurons largement de bonnes braises pour faire cuire nos deux repas : poulet mariné puis hot dog – accompagnés de leurs pomme de terre en papillote.
Ce sera également l’occasion pour Justine de se faire voler ses chaussures. Nous avons donc affaire à un être difforme qui à besoin de plus d’un trou pour rentrer son pied dans la chaussure ou bien à une personne qui aime avoir ses orteils à l’air libre pour faire son footing. Etrange dans tous les cas.

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Le troisième jour, nous quittons notre campement à Agua Azul. Nous arrivons en ville aux alentours de midi et notre bus direction Merida, la prochaine étape de notre voyage, part à 23h30. Près de douze heures à occuper donc … L’idée est de trouver le restaurant idéal pour passer le temps : notre choix se porte sur un petit restaurant avec terrasse où nous allons passer ces heures interminables à jouer aux cartes, regarder la serveuse nonchalante du restau d’à côté préparer des glaces et ce sera même l’occasion de goûter la michelada, une boisson typiquement mexicaine à base de bière, de sel et d’une sauce assez spéciale. Peu ordinaire en effet, et c’est presque un supplice pour Justine et Thibaut de finir ce verre gigantesque tant la sensation de boire de l’eau de mer est présente. Quelques heures avant le départ, nous décidons de rejoindre le terminal de bus, pour dire de ne pas rester toute une journée sur la même chaise. Nous aurons le temps de regarder deux films dans le petit coin que nous nous sommes aménagé dans la gare avant de partir. Nos aurions même pu en regarder un troisième car c’est avec découragement que nous apprenons que notre bus a près de 2 heures de retard…
C’est donc épuisés que nous rejoignons Mérida, sa chaleur et ses murs très colorés. La ville est paisible et agréable, nous y ferons une étape de 2 jours. Nous trouvons une auberge en centre ville qui nous offre petit déjeuner généreux et chambre privée avec balcon. C’est un peu au dessus de nos moyens mais nous sommes heureux !
D’ailleurs, un point budget s’impose. Nous faisons une nouvelle fois les comptes et le verdict tombe : nous sommes à sec. Et comme une mauvaise nouvelle ne vient jamais seule, nous nous rendons compte que nous n’avons plus autant de chance avec les demandes de volontariats. Aucunes réponses positives en quelques jours, du jamais vu ! Si nous ne trouvons pas de volontariat rapidement, la fin du voyage risque de se rapprocher du concept de l’émission Pékin Express : survivre avec 1 euros par jour et par personne. Or, nous espérions profiter de nos dernières semaines de voyage pour jouer les vrais vacanciers : plages de rêve, cocktails et soirées à Cancun. Hors de question avec un si petit budget.
Nous attendons donc avec impatience des réponses Helpx et Work Away et nous nous dirigeons vers notre prochaine destination, la célèbre Cancun. C’est dans la gare routière, avant de monter dans le bus que notre bien-heureux karma revient : nous recevons deux réponses de volontariat, l’un à Playa del Carmen près de Cancun, l’autre à Mahahual à l’extrémité sud du pays. Toutes deux ont des pours et des contres mais nous ne pouvons plus faire la fine bouche.

Nous faisons donc une rapide escale d’un soir à Cancun, sans prendre le temps de visiter la ville avant de prendre la décision de nous rendre à Playa del Carmen pour en savoir un peu plus sur le premier volontariat. Nous arrivons le lendemain dans l’après midi et sommes reçus à l’hôtel par le responsable du staff. Un mec un peu étrange, qui nous fera passer une sorte d’entretien de plusieurs minutes, à nous expliquer le déroulement du volontariat dans les moindres détails pour finalement nous dire qu’il ne peut pas nous accepter, et nous conseille même de profiter de nos vacances et visiter le Mexique plutôt que de perdre du temps à faire du volontariat. Sans dec’, merci du conseil !
Perte de temps, perte d’argent, désillusion totale en apercevant pour la première fois la mer des caraïbes avec… des algues de PARTOUT, des touristes gringos à la pelle, des faux mayas, des boutiques souvenirs en file indienne, des hôtels excessivement chers… bref, tout ce que l’on adore.
Dépités, une seule chose nous reste à faire : boire la « bière de l’échec ». On trinque à cette non-victoire, on ressasse nos déboires qui nous laissent un gout amère dans la bouche. Jusqu’au moment où l’on reçoit le mail tant attendu du deuxième volontariat à Mahahual : ils nous attendent. Heureux, nous re-trinquons, notre remontant est devenue « bière de la victoire » !
C’est également à Playa del Carmen où nous allons découvrir avec hâte (toute proportion gardée) le nouveau Star Wars, le jour même de sa sortie. Nous participerons à la première séance, le 17 décembre à 00h10. On est au départ un peu excités, plutôt amusés et au final un peu déçus par ce nouvel épisode. Heureusement on avait un seau de pop corn !
Il est près de 3 heures du matin quand nous rentrons à l’hôtel, pour passer – pour ma part – la pire nuit en dortoir depuis le début du voyage : entre le chinois qui ronfle, le mexicain qui mate un film sans écouteurs, l’italien qui se ramasse sur l’échelle en montant sur son lit et un dernier de je ne sais où qui concurrence le ronfleur avec ces flatulences bien placées… Tout y est ! Je ne ferme pas l’œil de la nuit, tant pis, un bus nous attend le matin pour partir à Mahahual pour rejoindre le nouveau volontariat dans le sud du pays.

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Nous arrivons vers midi dans cette nouvelle ville, juste le temps de s’empiffrer de quelques tacos avant de nous présenter à l’hôtel BlueKay, où apparemment on ne nous attendait pas. La responsable ne sait pas qui nous sommes, et est à deux doigts de refuser notre aide en tant que volontaires car l’équipe est déjà au complet. Après un rapide coup de téléphone à son associé, lui assurant que nous n’avons pas un look de « hippy » (comprendre « cradot »), elle accepte de nous embaucher pour aider en cuisine et distribuer des flyers dans la rue pour attirer les touristes américains dans l’autre restaurant en bord de plage dont ils sont également propriétaires. On promet de rester un mois, finalement tout le monde y trouve son compte.
A première vue, le cadre semble idyllique : le travail ne paraît pas trop compliqué (6 heures par jour / 5 jours par semaine), la mer paradisiaque malgré les quelques algues par-ci par-là, l’équipe sympathique. Nous profitons de notre premier jour off pour commencer le bronzage recto/verso.
Puis, dès le lendemain, les plans changent : Thibaut ne sera pas en cuisine mais l’homme à tout faire (nettoyer, balayer, peindre le parquet, appliquer du vernis sur le plafond…), Justine et moi, après 20 minutes à essayer d’alpaguer les gringos, ce qui s’avère inutile car il n’y a que très peu de clients potentiels dans la rue, devenons peintres en bâtiment. Les jours suivants donc, nous peignons parquets, salle de bain, chambre, ramassons les algues sur la plage, sans avoir d’horaires bien précis. L’équipe s’avère finalement un peu distante, et c’est avec Edgar, un jeune volontaire mexicain que nous sympathiserons le plus. Nous avions prévu de passer noël dans cette ville mais à vrai dire, après seulement quelques jours, on ne s’y plaît pas. Nous sommes le 23 décembre et sommes tous d’accord sur un point : partir de cet endroit, arrêter le volontariat et trouver un nouveau lieu rapidement pour fêter noël.

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Pas seulement de mauvais points à Mahahual car nous faisons la connaissance de Fernando, un mexicain qui depuis quelques mois vit grâce à la vente de ses chapeaux, paniers, roses et autres petits objets fabriqués à l’aide de feuilles de palmier. Un vrai business qui lui rapporte chaque jour une petite fortune. Nous prenons des cours chaque jour avec lui et au bout d’une semaine, pouvons – plus ou moins – tresser les paniers et les remplir de roses. Tout d’abord parce que l’idée nous plaît et sommes contents d’apprendre cet art mais il faut avouer que l’idée de vendre les objets aux touristes américains nous trotte également dans la tête. Affaire à suivre …

Pauline

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