Colombia, part 2

Les gens disent que le seul risque en Colombie c’est de ne plus vouloir en partir, après deux mois passés ici nous ne pouvons qu’approuver. Nous vous avions quitté à l’aube de notre départ pour la côte caraïbe, le jour où, non sans émotion, nous quittions La Calera pour rejoindre Bogota. Nous découvrons ce jour-là une nouvelle facette de la capitale colombienne, la première fois celle-ci nous avait semblé accueillante, elle nous parait bien hostile cette fois-ci. Nous arrivons à la tombée de la nuit, le jour des élections et le quartier dans lequel nous logeons, à seulement quelques rues du quartier touristique nous fait prendre conscience de la pauvreté du pays. Nous rejoignons avec hâte notre hôtel particulier, au sens littéral. Des sculptures et des œuvres d’art en tout genre ont pris possession des lieux, les prises d’escalade aux murs permettent de circuler sans mettre le pied par terre, conceptuel mais sympathique. Nous découvrons nos placards respectifs dans lesquels nous allons passer la nuit, car oui, nous allons dormir dans des capsules/donjons accessibles par le mur d’escalade ou bien un escalier d’Oumpa Loumpa. La nuit fut meilleure que nous le pensions ; après ne pas avoir hésité entre la visite du musée Botero et la visite du musée de notre ami Felipe, nous nous dirigeons vers l’atelier de ce dernier. Nous ne mettrons pas moins de 2h30 pour traverser Bogotá – en bus. Le jeu en valait la chandelle car nous sommes reçus comme des rois par la famille de Felipe. Toutes ses sculptures sont réalisées à partir d’armes blanches confisquées par la police de Bogota, une belle manière de dénoncer la violence de rue. La quantité d’arme nous laisse penseur et malheureusement les stocks de la police ne s’écoulent jamais en Colombie.
Nous passons la journée en sa compagnie, nous sommes invités à rester davantage mais il est temps pour nous de quitter le froid et les nuages de Bogota. De retour à la gare routière, nous préparons nos sacs pour les 18h de bus qui nous séparent de la côte où nous espérons trouver un autre volontariat. Nous sommes rodés pour les bus interminables, nous montons à bord, chacun muni de notre petit oreiller, d’un pull et d’un donut (voire deux) !

Il est 22h, nous avons parcouru un tiers du trajet, c’est l’heure du diner. Une étrange buée s’est accumulée sur les fenêtres du bus, nous comprenons pourquoi en mettant le nez dehors. La chaleur est écrasante et humide, nous avons l’impression d’étouffer. Nous qui cherchions la chaleur, nous l’avons trouvé ! Malgré la température extérieure, le menu ne change pas. Soupe en entrée puis riz, haricot rouge et poulet : léger et rafraîchissant.

Heureux d’avoir profiter de la clim du bus durant 18h, nous voilà débarqués à Santa Marta où la température extérieure avoisine les 35 degrés, le rythme de vie des costenos semble totalement diffèrent de celui des Chinos de Bogota, le joyeux bordel des stands de rues nous séduit. Nous sommes contents, il fait beau, nous trouvons un hôtel facilement et nous sommes acceptés par la finca Carpe Diem, ils nous attendent dès le lendemain pour travailler. Juste le temps de mettre un pied dans les Caraïbes, siroter quelques citronnades confectionnées à partir d’eau non potable, acheter une paire de tong et nous voilà partis direction Paso Del Mango.
Aucune route digne de ce nom ne mène à la finca, nous parcourons les derniers kilomètres en moto tout terrain, ça secoue sévère ! Nous croisons en coup de vent Kobe et Nele, les deux propriétaires belges et nous sommes surpris de rencontrer un bon nombre de volontaires. Nous sommes au total une dizaine fonctionnant sur le même rythme, nous travaillons de 7h à 12h, nous avons l’après midi et les week-end off. Honnête, mais nous payons tout de même 5 euros par jour et par personne pour l’hébergement et la nourriture.

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Le manager des volontaires est colombien, il s’appelle Jordy, il a 4 ans et il est petit (seulement trois de ces informations sont vraies), chaque matin il nous assigne notre labeur du jour et on peut dire qu’il y a du favoritisme, pendant que Pauline et moi rangeons la forêt à coup de machette, Thibaut, penardo, traduit le site internet en sirotant des cafés.
Les jours où internet fait des siennes Thibaut vient travailler au champ avec nous, dans la joie et la bonne humeur nous cherchons des cailloux plats dans les eaux gelés de la rivière, nous plantons des arbres, peignons des gros bâtons et soulevons des choses lourdes.
Les autres volontaires viennent des 4 coins du monde, Irlandaise, Mexicain, Neo Zélandaise, Allemande, Canadien mais un point commun les unit : leur lenteur au travail. Nous essayons parfois de nous mettre au rythme pour ne pas faire tâche mais cela relève du défi. Notre bonne volonté finira d’ailleurs par payer car nous sommes rapidement placé à des postes plus stratégiques, Pauline en cuisine et moi même à la calligraphie sur bois.

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Si les matins sont ensoleillés et chauds, les orages tropicaux des après-midi sont impressionnants et nous contraignent souvent à rester à la Finca, nous en profitons pour planifier la fin du voyage et faire les comptes, il fallait bien que ça arrive nous n’avons plus de sous ! Il faut faire des choix, exit le Costa Rica sans regrets car nous croisons beaucoup de gens déçus, exit le Panama, exit le Nicaragua, exit le Honduras. Mexico nous voilà. Nous avons choisis d’être raisonnables et de revenir dans quelques années, après tout nous avons le temps ! Pour notre plus grand bonheur cela nous permet de rester davantage en Colombie.
La vie est dure à Carpe Diem, on profite de notre temps libre pour aller nager dans la rivière où se jettent les cascades, sauter des rochers, observer les fourmis coupe-feuille qui travaillent bien plus que les volontaires de Carpe Diem, partir en vain à la recherche de toucan et faire l’aller retour au Pueblo à 45 minutes de marche pour s’acheter des bières. Nous en apprenons davantage sur la confection du cacao et de ses bienfaits sur la peau (on a toujours des doutes là dessus), vous vous en douterez notre partie préférée de la visite reste la dégustation !
A nos heures perdues, nous expérimentons la pétanque tout terrain plus connue sous l’acronyme PTT, les chemins de terre accidentés sur lesquelles nous jouons créent des situations loquaces et souvent la chance prend le dessus sur la technique, c’est d’ailleurs ce qui nous séduit dans ce sport.

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Outre l’annulation de l’Amérique Centrale, nous prenons une autre grande décision : nous inscrire au Club Med Gym ! En l’absence de salle de sport dans les environs, Pauline et moi enchaînons les exercices au bord de la piscine, nous allons courir dans la jungle à nos risques et périls, Pauline est ravie car nous apercevons même des serpents lors de nos footings, uniquement Pauline, pour ma part je suis 200 mètres derrière !
L’ambiance entre les volontaires n’est pas forcément à la fête bien que tout le monde se côtoie cordialement, d’ailleurs nos meilleurs amis restent les chats « Bibi » et « Flipo » que nous appelons niaisement avec une voix aigu qui exaspère Pauline, pour mon plus grand bonheur nous aurons même la chance d’assister à la naissance de « Bi-bis », fils de « Bibi ». Même si nous aimerions le voir grandir (surtout moi) nous nous décidons à chercher un autre volontariat sur la côte, on rêve de mer, de cocotier et de sable fin ! Nous sommes acceptés dans la foulée pour l’organisation d’un festival de musique électronique à Palomino, nous sommes emballés mais sans plus. La nourriture n’est pas comprise et la moindre petite économie est la bienvenue. Sans autres réponses, nous acceptons ! Dès le lendemain nous recevons une proposition bien plus alléchante d’un surf camp bien CHEVERE comme dirait les colombiens. Nous ne sommes pas fiers mais nous décommandons notre premier volontariat en inventant un petit mensonge, vraiment tout petit ! Nous quittons Carpe Diem quelques jours plus tard après 15 jours de bons et loyaux services. Nous sommes le 11 novembre, c’est l’anniversaire de Pauline et nous avons décidé de le fêter à Taganga, ville réputée pour ses nuits endiablées et ses spots de plongée (nous ne testerons au final ni l’un ni l’autre). Restriction budgétaire oblige, pas de moto taxi cette fois-ci nous irons à pieds au Pueblo à 1h30 d’ici. Le chemin se fait sans difficulté malgré nos énormes sacs à dos et la chaleur ambiante, à mi chemin nous dégustons une bière bien fraiche et trinquons pour la première fois de la journée à la santé de Pauline !
Nous montons dans un bus in extremis direction Santa Marta, le retour à la civilisation est rude après plus de deux semaines au beau milieu de la jungle. Nous ne perdons pas pour autant nos bonnes habitudes, à peine débarqués à Santa Marta nous filons à l’Exito, le supermarché local ; de manière à se procurer le minimum vital pour un anniversaire réussi, du rhum et des citrons.
Nous arrivons à Taganga de nuit, sans point de chute prédéterminé, ce qui nous vaudra un petit tour gratuit de la ville avec nos sacs à dos avant de dénicher l’auberge la moins chère. Qu’on se le dise le lieu est vraiment glauque, il n’y a pas grand monde dans l’hôtel, les couloirs sont sombres et la chambre toute petite mais ça fera l’affaire ! Nous partons manger en ville et atterrissons dans un restaurant relativement pourri il faut l’avouer, sans grande surprise Pauline choisit un burger d’anniversaire qui s’avère plutôt déceptif (on s’en serait douté), heureusement sur le chemin du retour nous croisons un vendeur de glace, par chance la glace aux tres leches, préférée de Pauline est en vente, la soirée commence bien ! Nous profitons de la terrasse de l’hôtel pour trinquer une deuxième, troisième, quatrième, cinquième… fois et aux alentours de minuit nous décidons d’aller mettre l’ambiance au Sensation, un rooftop qui donne directement sur le front de mer, THE PLACE TO BE. Ca aurait été génial si nous n’avions pas doublé la population de la boite en y allant. Nous sommes au total 5, à peine le temps de boire une bière et la boite ferme déjà. Il est 1h du matin et nous allons au lit, sûrement le pire anniversaire de Pauline mais nous nous rattraperons les jours suivants !

Nous ne nous accordons aucun répit cette fois-ci, nous étions encore hier à Carpe Diem et dès aujourd’hui nous devons rejoindre le surf camp, nos mails restent sans réponses depuis la veille, nous n’avons ni l’adresse ni le nom de l’endroit. En rassemblant les indices en notre possession nous mettons le cap sur Casa Grande. Retour à Santa Marta en taxi cette fois-ci et pas avec n’importe qui puisque c’est le cousin de James Rodriguez qui nous y conduit, selon ses dires ce dernier lui aurait même offert la voiture dans laquelle nous sommes confortablement installés. Nous lui accordons le bénéfice du doute ! Nous voilà repartis pour 45 minutes de bus en direction de Palomino, nous nous arrêtons devant le fameux Casa Grande, nous entendons au loin les vagues qui se brisent sur la plage, bon signe pour un spot de surf. Nous marchons timidement jusqu’à l’accueil et l’abcès est vite percé car Viviane que nous ne connaissons pas encore nous reconnaît grâce à notre photo de profil ! Elle nous propose de profiter de notre après-midi et de commencer à travailler le lendemain, Brandon (oui Brandon, un colombien pure souche…) nous fait découvrir les endroits stratégiques : la cuisine, le bar, les douches et les toilettes. Nous saluons tout le monde sans retenir le nom de personne, il faut dire qu’il y a un bon nombre de gens qui travaillent ici ! Nous profitons de l’après-midi pour planter la tente et nous installer en veillant à choisir notre emplacement en fonction de deux critères primordiaux : l’ombre et les cocotiers. Car figurez vous qu’il y a plus de personnes chaque année tuées par des noix de coco que par des requins ! Les colombiens ont le réflexe et évitent de passer en dessous des cocotiers chargés de noix de coco tueuses !

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Nous sommes un peu à l’écart pour notre premier jour et nous nous retrouvons à manger nos spaghettis bolognaises seuls à notre table, notre première impression est mitigée.
Nous sommes sur le pied de guerre à 7h le lendemain comme on nous l’a demandé, nous apprenons quelques heures plus tard que nous ne travaillons pas aujourd’hui non plus. En effet le weekend risque d’être chargé, Casa Grande accueille une compétition nationale de surf et notre aide sera nécessaire, malheureusement (ou heureusement) les inscriptions pour la compétition sont fermées, la France ne sera donc pas représentée !
Vivane, la responsable des volontaires et de bien d’autres choses nous attribue à chacun notre travail pour les deux semaines à venir, Pauline est chef cuisinière, Thibaut nettoie la plage chaque matin de 6h à 11h et je suis en charge de créer un portfolio de toutes les activités de la région et plus si affinités.
Les compétiteurs arrivent petit à petit et Pauline s’affaire déjà en cuisine pour nourrir tous ces sportifs, elle ne le sait pas encore mais elle passera l’entièreté de son week-end à éplucher des bananes et couper des légumes, ce qui lui donnera le droit à une petite semaine de repos par la suite. Thibaut nettoie la plage de bon matin et transporte des brouettes pleines de déchets et de noix de coco sous un soleil de plomb, son compagnon de travail lui conseille d’ailleurs de faire des trous dans le sable pour enterrer les déchets pour ne pas avoir à les déplacer en brouette, technique de colombien ! Quant à moi, je procrastine en regardant la compétition et les dizaines d’écureuils qui sautent d’arbre en arbre.

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Le niveau de surf n’est pas incroyable mais l’ambiance est sympa. Nous avons le moral au beau fixe lorsqu’une colombienne nous demande si nos amis et nos familles vont bien, nous sommes surpris de cette question, elle nous explique qu’il y a des attentats à Paris en ce moment même. Coupés du monde et sans internet nous ne comprenons pas ce qu’il se passe, on s’inquiète, on nous dit que l’attaque à lieu dans un théâtre, on pense à toutes les personnes que l’on connaît qui aurait pu aller au théâtre, on apprend que c’est au Bataclan, on pense à toutes les personnes que l’on connaît qui aurait pu aller voir un concert, qui pourrait boire un verre dans le 11ème et clairement on se dit que tout le monde pourrait y être. On demande à se connecter à Internet et on apprend que tout le monde va bien, tout du moins que tout le monde est sain et sauf. Nous sommes sous le choc mais nous ne réalisons pas, pourquoi ont ils fait ca, comment c’est possible. Egoïstement nous sommes soulagés d’être loin de Paris.
Tout le monde attend avec impatience la soirée de clôture de la compétition et la venue exceptionnelle de DJ Loko, nous allons tenter de nous changer les idées. C’est l’occasion pour nous de nous essayer pour la première fois au reggeaton, notre niveau s’améliore au fur et à mesure des shots d’aguardiente ! Nous sympathisons avec l’ensemble des « volontaires » : Julie, Victor, Esteban, Inti, Fafo, Ramiro et comprenons que cette soirée est la première d’une longue série. Les journées se suivent et se ressemblent, nous ne croulons pas sous le travail, personne d’ailleurs. Thibaut se lève tous les jours et souvent nous finissons notre nuit tranquillement avec Pauline sauf quand les cuisinières réclament son aide précieuse en cuisine. Nous sommes ici depuis quasiment une semaine et nous n’avons toujours pas mis les pieds dans l’eau, les vagues sont impressionnantes et nous sommes hésitants. Un après midi la chaleur nous fait craquer, nous nous mettons tous les trois à l’eau, nous avons de l’eau jusqu’au genoux mais déjà les vagues nous déséquilibrent, Pauline boit la tasse et préfère rejoindre sa serviette, quand à Thibaut et moi dans un moment d’inconscience nous décidons de nager un peu plus au large en plongeant dans les vagues. Nous arrivons dans une zone où nous n’avons plus pied et les vagues nous secouent dans tous les sens à tel point que nous nous entrechoquons sous l’eau. Nous décidons de rejoindre la plage, tranquillement dans un premier temps puis rapidement nous réalisons que nous n’y arrivons pas, la mer nous aspire vers le large plus qu’elle ne nous ramène vers le bord, nous essayons de prendre les vagues pour rentrer mais la violence de celles-ci nous remue dans tous les sens sous l’eau, nous ne savons plus où est la surface. Thibaut appelle Pauline à l’aide, tout sourire celle-ci nous fait des grands coucous en réponse, nous ne pouvons compter que sur nous même ! On se parle, on se calme et on arrête de nager comme des désespérés pour ne pas trop s’épuiser. Non sans mal nous parvenons à rejoindre la zone où nous avons pied ce qui nous redonne de l’espoir, nous regagnons la plage essoufflés et légèrement apeurés mais plus de peur que de mal. Nous n’irons plus jamais nous baigner à plus de 5 mètres du bord par la suite !

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Toutes les raisons sont bonnes pour faire la fête, l’anniversaire d’un volontaire, la visite de la copine de Jota – le propriétaire – ou tout simplement l’envie de danser tous ensemble. La danse fait partie de la culture colombienne, nous avons l’impression de ne pas être constitué de la même manière. Nous les regardons avec envie et prenons même quelques cours tout au long de notre séjour, cours de reggeaton, de salsa, de merengue ! Nous ne saisissons pas toujours la différence mais nous essayons !
Nous sympathisons le temps d’une soirée avec un groupe de jeunes venus de Bogota, l’occasion d’en apprendre plus sur le pays, son histoire, sa musique et sa culture. Ils sont publicitaires ou journalistes et sont à peine plus âgés que nous. Ils nous posent des questions sur les attentats en France et nous tâchons d’en savoir plus sur la situation politique en Colombie qui s’avère encore plus compliquée qu’elle n’y paraît. La nouvelle génération se bat pour la paix, leur message nous touche d’autant plus suite aux évènements Parisiens.
Mais les colombiens ne se laissent pas abattre, ils gardent le sourire en toute circonstance et dansent la salsa pour oublier, nous en faisons de même avec eux pour finir la soirée en beauté.
Nous avons trouvé notre rythme et notre groupe d’amis à Casa Grande, nous passons notre temps avec Brandon, José, Esteban, Victor, Inti, Margaux, Ramiro et les autres. Thibaut reçoit une promotion et travaille le soir en tant que barman, il gère son bar et ses inventaires d’une main de maître ! Nous pensons partir de casa Grande quelques jours plus tard afin de nous laisser le temps de visiter Carthagène avant de nous envoler pour le Mexique. Nous annonçons à Viviane notre date de départ mais elle refuse d’en entendre parler.
En parallèle un nouvel évènement s’organise à Casa Grande, une Full Moon Party avec musique électronique au programme. Nous ne savons pas à quoi nous attendre, les colombiens ne raffolent pas de musique électronique et les touristes vont-ils faire le déplacement ? Hé bien oui ! Les gens affluent et, si nous pensions profiter de notre soirée avec les autres c’est raté. Pauline est en cuisine pour la première partie de la soirée, je viens en renfort pour l’aider à préparer des sandwichs. L’affluence au bar ne cesse d’augmenter et nous sommes appelés en renfort à partir de 21h, Thibaut et moi dans un premier temps puis Pauline prendra mon relais. Thibaut préfère rester au bar et se faire payer des coups par les clients toute la soirée, nous fermons le bar à 6h du matin. Heure à laquelle nous ouvrons la cuisine pour préparer les petits déjeuners. Thibaut muni de sa brouette et de son balai part nettoyer la plage, il y a du boulot ! La cuisinière nous demande si nous avons bien dormi, nous lui expliquons que nous n’avons toujours pas dormi, Jota fait acte de présence pour nous soutenir puis va se coucher à son tour. Nous ne ferons pas long feu dans la cuisine, vous vous doutez que notre efficacité était toute relative.
Nous croisons Viviane plus tard dans la journée, pour nous remercier de notre aide elle nous interdit de travailler jusqu’à notre départ de Casa Grande. Elle trouve d’ailleurs le moyen de nous faire rester une journée et une nuit de plus, elle nous invite à un concert de Bomba Estereo, un groupe colombien dont nous sommes fans ! Nous devions partir le 28 et le concert a lieu le 29, on dit banco ! Après tout, une journée de moins à Carthagène ce n’est pas très grave.
Depuis peu Léa et Zoé, deux amis françaises, sont également en Colombie. Sans trop d’espoir nous nous sommes donnés rendez vous à Bogota le 3 Décembre mais connaissant Léa nous n’y croyons pas trop ! En attendant nous nous la coulons douce à Casa Grande, partie de beach volley et entrainement de slackline intensif, qui s’avère bien plus compliqué qu’il n’y paraît ! Ce n’est pas Pauline qui vous dira le contraire puisqu’elle chute de manière spectaculaire de la slackline dès les premiers jours. Une chute digne d’un premier prix à vidéo gag, j’en ris encore en écrivant l’article.
Notre départ est prévu le 30 à Carthagène mais Viviane revient à la charge, le parc Tayrona que nous avions prévu de visiter était malheureusement fermé tout le mois de novembre. Sa réouverture est prévue le 1er décembre. Elle nous promet de nous faire entrer gratuitement au Parc Tayrona si nous restons ici jusqu’au 2 décembre. On n’hésite pas longtemps et on dit Banco ! On annule Carthagène de toute manière on est sûrs de revenir prochainement en Colombie ! Nous prolongeons donc les vacances et la glandouille. Nous partons tous ensemble au concert de Bomba Estereo, debout à l’arrière de la Jeep de Jota, sensations fortes garanties. Nous sommes en charge de rameuter des gens à l’after party qui a lieu à Casa Grande ! Nous profitons du concert tous ensemble et lorsque la musique s’arrête nous tentons de convaincre, dans notre meilleur espagnol, les gens de nous accompagner à l’after. Malheureusement la météo nous fait défaut, un orage s’abat sur la côte. Nous sommes les trois derniers à avoir tenter de convaincre des gens de venir avec nous mais en vain. Nous rentrons par la plage, nous faisons 100 mètres et nous sommes trempés. On cherche une solution, on retourne sur nos pas pour essayer de trouver un bus ou une voiture mais en vain. On attend que l’orage se calme mais il ne fait qu’amplifier. Cette fois-ci nous sommes décidés à y aller, on marche rapidement et l’on s’éclaire grâce au flash de mon téléphone, on tente d’éviter les centaines de crabes en panique sur la plage. On aperçoit des lumières au loin, vraiment loin ; on continue d’avancer sans réfléchir, on finit par apercevoir les gens qui dansent au bar. Nous sommes détrempés mais bien décidés à faire la fête tous ensemble une énième et dernière fois.

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Nous partons dans deux jours et pour la première fois je réussi à traverser la slackline dans un sens puis dans l’autre, mon devoir est accompli nous pouvons quitter Casa Grande ! Le soir même a lieu le tournoi de foot international de Puerto Nuevo, un pueblo de quelques habitants. Nous décidons d’aller encourager l’équipe de Casa Grande, Thibaut refuse de participer, les colombiens ne jouent pas pour s’amuser mais pour gagner ! José fait des allers retours en scooter pour déposer les gens au « stade », nous attendons sagement notre tour quand tout à coup un client de l’hôtel vient nous voir et demande à Thibaut s’il sait conduire. Il nous a entendu parler et nous propose sa voiture pour la soirée, Thibaut et Inti sont surpris par la proposition mais finissent par accepter. Thibaut prend le volant peu confiant, nous sommes 7 dans une voiture du type Clio. Nous arrivons à bon port quelques minutes plus tard, tout le monde descend ! Le match n’a pas commencé et Inti a envie d’une glace (non inti n’a pas 5 ans mais bien 24), nous partons en voiture au pueblo acheter des glaces pour tout le monde. Nous sommes cinq mais nous avons tous du mal à choisir entre les 12 parfums proposés, Inti choisit sa première glace et décide d’en prendre une deuxième, nous l’attendons tous sagement pendant que nos glaces respectives fondent ! Nous arrivons alors que le match a déjà commencé, les 10 premières minutes sont divertissantes et plus le temps passe plus nous nous demandons combien de temps peut bien durer une partie de football colombien. On s’impressionne tout de même de voir les gars jouer pieds nus sur du goudron… Le match touche à sa fin et l’équipe de Casa Grande sort perdante ! Nous prenons le chemin retour à 8 dans la voiture cette fois-ci, on hésite à contacter le Guinness Book. A notre retour, tout le monde débriefe du match, nous décidons d’aller nous coucher, nous devons retrouver les policiers avec qui nous allons entrer dans le parc le lendemain à 6h du matin.
Nous sommes à l’heure au rendez vous, mais bizarrement personne ne vient. A 7h Jota s’inquiète de nous voir toujours ici, il contacte les policiers sans succès et décide de nous emmener à l’entrée du parc. Nous patientons gentiment un bon moment en attendant la police et enfin nous les voyons arriver au loin. Ils font leur ronde et nous invitent à monter à l’arrière du pick up, Thibaut aurait aimé mettre la sirène mais nous nous contentons d’être discrets et polis ! On se fait déposés un peu plus loin dans le parc quand soudain Thibaut décide de jeter son gobelet en plastique dans la poubelle prévu à cet effet (quel citoyen exemplaire). Ce geste vous paraît anodin et pourtant il va changer notre vie ! Un homme aborde Thibaut et lui demande de récupérer son gobelet en plastique, première réaction : la honte, il s’est trompé de poubelle et il se fait rappeler à l’ordre ! L’homme lui demande de réitérer son geste et lui demande l’autorisation de le prendre en photo. Thibaut accepte volontiers, il a l’habitude que tout le monde lui demande des services. Puis l’homme nous demande si nous sommes en vacances, si nous avons quelques minutes à lui accorder. Il est en fait journaliste pour El Heraldo, l’équivalent du journal Le Monde chez nous et souhaite réaliser un article pour le journal du lendemain. Ils nous conduisent en voiture jusqu’à la plage pour un shooting photo et des interviews, nous sommes récompensés par un coca frais. Le journaliste prend nos noms sur le chemin du retour pour les faire apparaître dans l’article. Comme vous pourrez le constater Pauline a involontairement préféré garder l’anonymat et la photo sélectionnée est vraiment naze ! http://m.elheraldo.co/magdalena/y-se-abrio-el-tayrona-y-llegaron-olas-de-turistas-231366

Peu importe, la journée est déjà bien entamée et notre randonnée nous attend toujours. Nous espérons voir des singes mais sans succès, nous traversons la jungle et longeons des plages incroyables. Nous arrivons au Cabo San Juan en milieu de journée et décidons au vue de l’affluence sur le site de pousser un peu plus loin jusqu’à la plage nudiste ! Il n’y a personne, ni nue, ni habillée ; l’endroit est bien plus paisible, tellement tranquille que nous nous autorisons une petite sieste à l’ombre des cocotiers avant de reprendre le chemin en sens inverse.

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La vraie découverte du Parc Tayrona, c’est la Panaderia proche de la crique de la Piscina, si vous y allez ne manquez pas les pains au chocolat encore chauds. Nous en rêvons encore ! Nous rentrons par les marécages dans l’espoir de croiser des caïmans présents en grands nombres dans le parc mais nous revenons bredouilles.
Nous profitons de notre dernière soirée à Casa Grande, le bar est fermé mais les garçons sortent des caisses de bière de la réserve à laquelle nous n’avons officiellement pas accès. Nous n’arriverons même pas à venir à bout des stocks, nous partons nous coucher après avoir dévorer une bonne plâtrée de pâtes préparée avec amour par Pauline et José.

Nous démontons la tente et espérons ne pas la replanter de si tôt, 3 semaines dans une tente à 3, c’est long ! Une odeur pestilentielle (la notre) a imprégné l’ensemble de nos affaires ! Pour ne rien vous cacher Thibaut pue du cou, oui du cou, son oreiller sent la pizza 4 fromages périmée et nous le menaçons de le bruler depuis trop longtemps maintenant !
Bref, toutes nos affaires sont prêtes et trainent à l’accueil en attendant notre départ que nous repoussons jusqu’au bout. A notre grand regret nous quittons Casa Grande sans avoir gouté la spécialité locale : el arroz de coco. L’heure est aux au revoir, nous faisons le tour de tout le monde et promettons que nous reviendrons un jour ! Lindsey nous rattrape sur le départ, elle nous a cuisiné une portion chacun d’arroz de coco ! On quitte notre grande famille le ventre plein et les jambes de pauline pleines de boutons de moustique direction Bogota !

J.

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