Argentine, le retour.

Nous voilà de retour en Argentine et nous ne le savons pas encore mais cela ne va pas exactement se passer comme nous l’espérions ! Nous prévoyons de parcourir le Nord Ouest argentin, célèbre pour ses étendues désertiques et ses canyons multicolores.
Oui mais voilà, nous débarquons à Mendoza, capitale du Malbec, sans un pesos argentin en poche et il est hors de question de retirer de l’argent au distributeur en argentine. Pour x raisons qui restent un peu floues pour moi, l’Argentine refuse de dévaluer sa monnaie. En résulte un taux de change officiel d’environ 8 pesos pour 1 euro versus un taux « réel » (appelé blue ici) d’environ 16 pesos pour 1 euro. Soit le double ! Cependant, dans la rue, des petits filous vous changent vos euros aux taux blue en deux temps trois mouvements, et tout le monde est content ! Prévoyant que nous sommes, nous avions gardé du cash pour palier à ce problème. On change donc nos euros contre une liasse de pesos en croisant les doigts pour qu’il ne s’agisse pas de faux billets. Bien que toléré par la police cela n’a rien de très légale, cependant il existe des sites internet très fiables qui permettent de réaliser cette même opération.

Bien que nous n’ayons initialement pas prévu de nous attarder à Mendoza, nous trouvons un Risk dans l’auberge, nous resterons donc 3 nuits ! On réalise qu’il n’est décemment pas possible de jouer au Risk toute la journée, nous décidons alors d’aller pédaler à travers les vignes de la région de Maipu. L’occasion de découvrir les paysages alentours déguster du bon vin ! L’argentin n’est pas radin, les verres seront bien remplis tout au long de la journée. Nous enfourchons nos bolides à 11h, nous nous arrêtons dans la première bodega à 11h10. Cinq verres (chacun) plus tard nous voilà repartis. Il est midi et nous comprenons que nous ne tiendrons pas le rythme le ventre vide ! Non sans embuches, nous nous dirigeons vers un restaurant. Sur le chemin un chien errant décide de m’attaquer et me mord à la cuisse, le bâtard ! Prise de panique je commence à chouiner sur mon vélo. Plus de peur que de mal, peu de sang a coulé ce jour là ! Depuis cela je ne me suis ni mise à baver ni à manger des croquettes, j’imagine donc que je n’ai pas la rage !
Une bonne pièce de viande et un grand verre de rouge plus tard, nous voilà de nouveau en selle.

Nous visiterons deux autres caves et nous finirons la journée par un petit apéro.
Au total de la journée : nous avons parcouru 14 km, bu 32 verres de vin et une bouteille à trois et découvert le « foufou ». En effet après avoir sympathisé avec le patron de la Botella, celui ci nous sort sa cuvée maison, rebaptisée « foufou » par ses amis suite à une soirée des plus épiques selon ses dires. Vous ne trouverez pas le « foufou » en vente car c’est un vin qui s’offre, cependant si vous êtes dans la région, ne passez pas à coté !

Nous partons de Mendoza le lendemain, en stop, pour plus d’aventures ! Nous mettons le cap sur San Augustin de Valle Fertil, point de départ des circuits dans la Valle de la Luna.
Cela s’avère plus compliqué que dans le sud et nous peinons à parcourir les 150 km qui nous séparent de cette bourgade. Après plus d’une heure d’attente au milieu de l’Argentine profonde nous décidons à contre cœur de faire deux équipes. Technique payante puisque à peine 15 minutes plus tard, Pauline et moi embarquons avec Marcelo. Nous retrouvons Thibaut un petit kilomètre plus loin qui fera le trajet avec nous !

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La désillusion argentine commence maintenant. Nous qui rêvions de ces grands espaces en solitaire, il n’en est rien. Impossible de pénétrer dans les parcs sans guides et sans tours organisés. Nous tergiversons la journée entière et décidons tout de même de ne pas faire l’impasse sur cette étape. Nous embarquons donc le lendemain avec Hugo direction le parc Ischigualasto (littéralement : terre sans vie). Nous passons une journée bien meilleure que nous l’imaginions ! Les cactus, guanacos et même les renards sont au rendez vous !

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Le point noir reste l’aspect financier, nous faisons donc une croix sur le parc Talampaya et décidons de rejoindre La Rioja au plus vite. Nous sommes à cours de cash et impossible de se procurer des pesos au taux blue dans les petites villes de campagne. Arrivés à La Rioja nous décidons de partir directement pour Salta, seulement nous n’avons même pas de quoi nous payer nos tickets de bus. Nous changeons nos derniers euros qui nous permettrons de rejoindre Salta. Nous arrivons fauchés comme les blés, sans un euro ni un peso en poche.
Nous prévoyons de louer une voiture pour plusieurs jours afin de découvrir le nord argentin, que les gens décrivent comme une Argentine dans l’Argentine. Nous espérons enfin trouver la liberté et le dépaysement que nous recherchions depuis quelques temps. Malheureusement malgré toute notre bonne volonté et également celle de Marion et Pauline, les sœurs de Pau et Thibaut nous ne réussiront jamais à retirer de l’argent au taux blue. La faute à nos plafonds bancaires, à nos codes 3D secur…
Exit cette partie du voyage, nous retirons tout juste assez pour nos tickets de bus, direction la Bolivie. Nous savions que le voyage était en parti fait de compromis mais c’est avec un gout amer que nous montons dans le bus.

Nous quittons le pays ainsi que la chaleur du désert argentin, nous arrivons à la frontière bolivienne à 5h du matin. La nuit est glaciale, les vitres du bus sont gelées. Nous parcourons le petit kilomètre qui nous mène à la frontière à pied. La désorganisation bolivienne nous séduit, les gens jouent de l’épaule pour faire tamponner leur passeport. L’attente nous paraît interminable tant il fait froid, nos mains sont violettes ! Devant nous deux indiens tentent d’obtenir leur visa pour la Bolivie, ne parlant pas un mot d’espagnol Thibaut joue les traducteurs. Impossible pour eux d’entrer dans le pays sans un billet d’avion retour. Thibaut marchande avec le douanier en proposant un tas de solutions, pas de chance pour eux le douanier nous fait comprendre que rien n’y changera : « ici on n’aime pas les Indiens, les Pakistanais, tout ça »… Nous les abandonnons donc à contre cœur en réalisant la chance que nous avons d’être européen.

Le choc culturel nous fait oublier notre déception argentine, nous sommes tout sourire à l’idée de découvrir cette nouvelle culture.

Pour voir les photos de l’Argentine, c’est par ici ! PS : on a tellement aimé l’Argentine qu’on a pris PLEIN de photos !

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